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Spectacles : Barrière élève le rideau

Le divertissement est-il une entreprise trop sérieuse pour la confier aux casinos ? Non, répond le groupe Barrière qui dans ses 34 établissements met en scène les projets et les propositions d'acteurs, de musiciens et de danseurs. Sous vos applaudissements...

Des voix en musique. Un parti-pris. Et voilà le jazz vocal mis en scène à Enghien, à vingt minutes de Paris. Une matière première vivante. Pour la faire connaitre, pour la partager, il a fallu se glisser dans les contre-allées du répertoire, il a fallu en deux décennies s'adapter pour inventer un festival généreux. Résultat, une grosse poignée d'années plus tard : 40 000 personnes en 5 jours, échappées dans la ville autour d'un élégant barnum de notes enchantées !

Ouvrir et créer.  Entre beaucoup d'autres, c'est le job de Blandine Harmelin, en charge de la direction artistique du groupe Barrière. Avec elle, Enghien hors les murs est devenu depuis 1999 "un nid". Là où renaît et vit le jazz vocal, d'une année à l'autre. Barrière ressuscite ici dans l'expression artistique ce qui l'a fondé : l'intuition de l'infaisable. Avec un objectif : aboutir. L'influence de Diana Crawl, Norah Jones, merveilleuses musiciennes et chanteuses, sont aujourd'hui des références gravées dans un son et des sillons qui parcourent le monde. Alors ? Le jazz - le leur, le nôtre - est affaire de choix, de curiosités, de révolutions : funk, soul, reggae avec un zeste de James Brown. Osé. En même temps que déterminé. Mais pour Barrière, il n'y a pas que le jazz. Le Groupe produit près de trois mille spectacles et animations par an en France  Pas seulement parce que la loi demande aux casinos de contribuer à la vie associative et culturelle des communes dans lesquelles ils sont installés. C'est aussi parce que le spectacle - sous toutes ses formes - est le parti pris dès les années 1920 par François André, fondateur du Groupe, de promouvoir les artistes et les conditions de leurs expressions : chant, ballet, théâtre.

Ici, aucune contrainte. Une simple étreinte, un lien, un drôle de compagnonnage : celui de la scène. Le spectacle vivant ? "C'est ne pas faire semblant. Inventer. Participer au trimbalement des spectacles d'une scène à l'autre. Rendre concret ce que nous avons imaginé et créer l'étincelle", raconte joliment Blandine Harmelin. Qui ajoute : "Nous sommes l'orchestre. Le chef ? C'est le public."